Jules Ferry député de Paris, avril 1870 : Je me suis fait un serment : entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j'en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j'ai d'intelligence, tout ce que j'ai d'âme, de coeur, de puissance physique et morale, c'est le problème de l'éducation du peuple.
En 1880, notre commune avait 1075 habitants dont 96 garçons et 92 filles d’âge scolaire. Il devient urgent de construire une école publique. Une école religieuse existe sur la commune.
En Juillet 1880, l’administration demande à la commune de construire une école  « vu les subventions et les ressources considérables de la commune » (Etonnant, n'est-ce pas).
En 1887 le conseil municipal, par 6 voix contre 5 et 1 abstention (sur 12), repousse le projet de construction. On apprend que les familles opposées, n’ont pas d’enfants. Le maire, alors partisan du projet, demande au préfet d’agir pour obliger la commune à construire.
Cependant en 1882 : « … le conseil persiste dans son aveuglement à réparer la maison actuelle… » écrit le Maire Eugène Gauthier qui demande au préfet d’intervenir.
En 1883 le conseil municipal délibère à nouveau et  décide de faire construire  un groupe scolaire pour 45 garçons et 46 filles dans le jardin de l’instituteur. Les salles de classe actuelles seront transformées, après inauguration, en logement pour les instituteurs.
Le 17 mars 1883 : le conseil municipal demande le remplacement de l’instituteur laïque par un congréganiste qui pourra utiliser les locaux appartenant au couvent St Just.
En Avril 1883 : lettre de l'inspecteur d'académie : «  … la minorité en faveur de l’école neuve et moderne démissionne. La municipalité compte échapper à l’obligation de construire. » Il propose au préfet d’utiliser la loi pour l’obliger et d’établir une commission chargée d’étudier la possibilité de construire.
Le 18 août 1892 : Le conseil municipal décide par 8 voix contre 4 que les nouvelles écoles devraient être construites sur la propriété Vernissat. Cet emplacement n’est pas le meilleur mais doit être accepté car le projet est en souffrance depuis 10 ans. Plusieurs membres font remarquer les inconvénients suivants :
-le terrain est en dehors du village - -les bâtiments n’auraient ni le coup d’œil ni la grâce qu’on serait en droit d’en attendre -Le maire, M. Machon-Galland, insiste sur les avantages de sa proposition :
-terrain moins coûteux - bâtiment bien abrité et exposé au soleil levant - eau en abondance - surface largement suffisante -  -proche des ¾ de la population de la commune
Ce projet est approuvé par 8 voix contre 4, mais les opposants envoient une lettre pétition au préfet. En février 1894 : réponse du maire à la pétition : « … parmi les signataires, il ne se trouve que 10 pères envoyant leur enfant à l’école communale, les autres les envoient à l’école congréganiste ou n’ont pas d’enfant… ». Le Dimanche 25 novembre 1894, dans son rapport la commission départementale d’hygiène conclut : « … sous les yeux de nombreux habitants avons visité les 6 emplacements qui pouvaient convenir… » "le terrain Vernissat est le plus satisfaisant, notamment pendant les pluies, l’eau glisse rapidement jusqu’à l’Herbasse environ 80 mètres en contrebas."
Le 17 août 1896 le terrain est acheté pour la somme de 3250 francs. L'architecte M. Bozonnat de Romans établit le devis : de 46136,07 francs (terrain, construction et mobilier). le conseil souscrit un emprunt de 25 000 francs sur 30 ans.
En octobre 1896 l'adjudication des travaux est attribuée : Louis Vivier du Grand Serre. Mais on s’aperçoit que le terrain est trop petit…
En mars 1897 un achat de 4 ares supplémentaires est approuvé. Il est aussi  décidé de diminuer les classes de 1 mètre dans le sens de la largeur pour ne pas empiéter, de même que la cour est ramenée à 25 mètres au lieu de 32 et baisse du niveau de 1 mètre, et ouverture de 2 croisées sur la façade arrière pour mieux éclairer. Le mobilier scolaire est acheté auprès de M. Finot Louis, menuisier à St Bonnet de Valclérieux :
60 tables banc à 2 places-4 tables de maître-4 tableaux en tôle-4 estrades en sapin-4 bustes de la république-4 poêles et accessoires
2 appareils de gymnastique
En 1899 le conseil souhaite installer le service postal dans l’ancienne école. Il y demeurera jusqu'en 2006. Toutefois en Mai 1899, l’IA s'inquiète : « Il y a deux ans que l’adjudication a été faite et il n’existe cependant que les murs et le corps de charpente ». Le 15 novembre 1899, réception provisoire des travaux. Le 8 janvier 1900 : Le maire demande l’autorisation de faire entrer les élèves alors que manquent les préaux et les murs de clôture. Le 15 novembre 1900 la réception définitive des travaux est faite, la dépense s’est élevée à 50 000 francs.
L’ancien maire dépose une plainte pour prévarication et appropriation des deniers communaux.
(Document présenté lors de la fête du centenaire de l'école en 2001 avec le concours de l'association drômoise "patrimoine et éducation".)
HISTOIRE DE L'ECOLE
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