3-Le château de Langon
Le château actuel de Langon serait du 17ème siècle. Il reste encore une tour ronde dotée d'une fenêtre à meneaux et une tour carrée. Ces vestiges semblent insuffisants pour expliquer les armoiries des Langon qui étaient ainsi définies :
"de gueules à la tour d'argent,   crénelée de 4 pièces, maçonnée,   fenestrée et portillée de sable".
Château de Langon
1-Le mal contagieux
C'est bien par les archives communales que nous savons qu'en 1628 Montrigaud fut frappé d'un "mal contagieux". Aucune précision n'est donnée sur la nature de la maladie (peste, choléra, typhus, variole ?) ni sur ses symptômes, ni sur l'ampleur de son extension territoriale, ni sur le nombre de victimes. Nous sommes mieux renseignés sur les réactions de défense de la communauté, qui voulut réaliser un double isolement : empêcher les contacts entre Montrigaud et les mandements voisins, interdire aux gens les déplacements et les réunions à l'intérieur même du mandement. C'est à ce souci que paraissent répondre les mesures adoptées par l'assemblée du 28 décembre 1628 : "inhibition", c'est à dire interdiction est faite à Pierre Tardy boulanger, à Pierre Repiton et aux "autres commerçants du pays" de vendre pain ni vin à aucun étranger ni habitant, sous peine de 10 livres d'amende pour la première fois. Afin de veiller à l'exécution de ces mesures et "prendre garde aux allants et venants", l'assemblée désigna des responsables : 3 pour Montrigaud, 1 pour Charraix et 1 pour Saint-Bonnet. En 1631 la maladie n'était pas encore jugulée. Ce n'est qu'en 1632 qu'il n'est plus question dans nos archives de ce " mal contagieux "
(D'après le Professeur Henri BIED).
ANECDOTES
4-Une curieuse affaire
Le 11 janvier 1613, les manoeuvres du Sire de Langon, en creusant une profonde tranchée aux alentours du château, mettent à jour de gigantesques ossements : le squelette étrange d'un animal préhistorique connu sous le nom de dinothérium. Un chirurgien, du nom de Mazurier fut appelé à examiner le phénomène. Sans l'ombre d'une hésitation, l'homme de l'art décréta qu'il s'agissait de Teutobochus, roi des Cimbres, chef teuton vaincu par Marius à la bataille d'Aix, en 102 avant J.C. Cette découverte fait grand bruit d'abord dans les limites du mandement ; bientôt en son château de Vizille, le connétable de Lesdiguières, gouverneur du Dauphiné, puis l'université de Montpellier s'émeuvent à leur tour.  Le roi lui-même, le jeune Louis XIII, informé de l'événement, demande au sire de Langon de lui envoyer une partie de ces ossements, lesquels ne tardent pas à susciter des controverses dans le monde savant de la capitale. Sans scrupules, le chirurgien-barbier revêtit le squelette de peaux de bêtes et l'installa sur un char qu'il se mit à exhiber à travers toute l'Europe. Cette exposition itinérante s'accompagnait de conférences fort courues, où Mazurier enjolivait l'histoire du roi des Cimbres à chaque étape, et présentait la sablière de Langon où on l'avait retrouvé, comme une tombe pharaonique d'une longueur de trente pieds. Il allait jusqu'à prétendre que devant sa sépulture se trouvait une inscription latine d'époque, à la gloire du «roi des Cimbres». Le canular dura plusieurs années. Le squelette cimbre avait fait l'objet de nombreuses thèses des savants de l'époque. Lorsque Mazurier fut démasqué, le dinothérium s'en alla enrichir les collections royales de Paris. (Louis Lacroix : Histoire anecdotique de la France, anecdote reprise par la revue Planète).
Au XVIIe siècle, certains ossements gigantesques étaient parfois attribués à des sépultures d'hommes géants qu'évoque la Bible. Un savant de l'époque Peiresc intervint dans cette controverse, s'intéressant aux restes du prétendu géant Teutobochus, trouvés en Dauphiné, et dont on sait aujourd'hui qu'il était un Dinotherium giganteum, proboscidien du Miocène.
 
Phrase tirée du roman Voyage au centre de la terre de Jules Verne   Chapitre XXXVIII
"J'ai dévoré les traités de Cassanion, et tous ces mémoires, brochures, discours et contre-discours publiés à propos du squelette du roi des Cimbres, Teutobochus, l'envahisseur de la Gaule, exhumé d'une sablonnière du Dauphiné en 1613 !"
De cette affaire qui eut un retentissement dans tout le royaume on ne trouve aucune trace dans les archives communales qui sont constituées presque exclusivement  de pièces administratives qui ne nous renseignent en principe que sur la gestion des finances communales. Les faits divers n'y sont traités que s'ils ont entraîné une dépense publique.
Par exemple, deux ans après, le 7 mars 1615, on trouva sur le chemin de Saint-Bonnet un curé "mort de maladie subite". Ce fait est consigné dans les archives parce qu'il en coûta 15 sols au Consul (maire) pour faire enterrer le défunt.
2-Féodalité
La terre de notre commune changea souvent de propriétaire. Elle est un fief des dauphins de Vienne, qui la transmettent au baron de Clermont. Elle devient au début du quatorzième siècle propriété des Lavaur, retourne aux dauphins, puis passe entre les mains des Sassenage en 1368, des Revel en 1553, des Langon en 1580, des abbés de Saint-Antoine en 1657, des Bressieux, puis est à nouveau rachetée par les Langon.
Cette dernière famille est citée à la fin du 13ème siècle. Un Jean de Langon fut tué à la bataille de Verneuil en 1424, au cours de la guerre de cent ans. Il est vraisemblable que ce furent les Langon qui édifièrent le château qui porte encore le nom de Langon aujourd'hui.  
On prétend aussi qu'il existait un château-fort qui aurait été construit au moyen-âge et dont il est fait  mention dans quelques ouvrages arché- ologiques ; il en resterait quelques vestiges au quartier du Bourg.
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